vendredi 2 mars 2012

Le disque vinyle s’impose à New York comme en France

New York, quartier de Brooklyn, l’usine Brooklynphono tourne à plein régime pour redonner une place au disque vinyle sur le marché américain.

photo : AFP


“C’est mon bébé à moi, et il grandit” commente fièrement le quadragénaire Thomas Bernich, patron de l’usine new yorkaise Brooklynphono. La petite firme née en 2002 peut en effet se targuer d’une production de disque vinyle à vendre en hausse constante, autour de 250.000 unités annuelles à l’heure actuelle. Avec l’espoir de doubler sa production, le jeune entrepreneur compte profiter pleinement du regain d’intérêt pour le support analogique, sur un marché de plus en plus visible. Et même si ce mode de fabrication peut sembler hors convention au regard des nouveaux modes de téléchargement ou d’écoute instantanée, Thomas Bernich a fait de son pari une entreprise prometteuse et pérenne (il compte aujourd’hui 6 employés). Contrairement à la cassette audio ou au disque compact, la galette noire ne se résigne pas à tomber si facilement aux oubliettes.

”Thomas Berdich au sein de son usine new yorkaise Brooklynphono” photo : AFP

"Les seuls magasins de disques qui ont réussi à rester dans la course dans ma zone sont ceux qui consacrent une part importante de leur espace aux disques vinyles" affirme Alan Bayer de la boutique en ligne américaine vinylrevinyl. Cet effet est également ressenti dans l’hexagone à l’image du nombre de disquaires indépendants, et malgré les apparences, les adeptes et les curieux sont toujours plus nombreux à pénétrer dans un magasin pour se voir prodiguer des conseils en vue d’acheter un vinyl.

Ils peuvent désormais compter sur des outils usant du numérique, comme le record store locator, pour localiser un disquaire dans leurs environs. "Depuis quinze ans, nous vivons dans l'ère de l'informatique et beaucoup de choses sont devenues immatérielles. Les gens veulent sortir et avoir des objets tangibles, qu'ils peuvent toucher", constate Jeff Ogiba, le gérant de Black Gold, un café-disque new yorkais.

Si le vinyle est toujours perçu comme le dada des collectionneurs en quête de (re)découverte des particularités sonores ou de l’esthétique des pochettes, on voit cependant de nombreux DJs réadapter les platines pour sillonner les boîtes de nuits. Les groupes de musiques en quête de renommée suivent aussi cette voie pour se démarquer dans l’immensité des productions audiovisuelles du net - ils éditent un vinyle pour le mettre en vente lors de leurs tournées : et lorsque les stocks s’écoulent, il n’est pas rare de voir des labels manifester leur intérêt. D’ailleurs, selon Scott Neuman (président de Forever Vinyl), les nouveaux vinyles se vendent désormais en plus grande quantité que les anciens. En parallèle, le marché de l’occasion s’envole et les particuliers se pressent pour vendre leurs vieilles galettes - parfois pour quelques centimes, parfois pour des prix records lorsqu’il s’agit d’éditions rares.

Mais tout cela va de paire à Brooklynphono puisque la totalité des vinyles qui ont été produits par Bernich sont d’anciens disques recyclés. Les nostalgiques seront heureux de voir que le vinyle écologique a de nouvelles et belles heures devant lui.

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